Un backtest d’options peut afficher une entrée impeccable au cours moyen, une sortie tout aussi impeccable au cours moyen et un joli profit qu’aucun ordre n’aurait pu réaliser. Le cours moyen est un calcul, pas une promesse : lorsqu’un call est coté à $1.00 à l’achat et $1.20 à la vente, $1.10 est un repère entre deux prix affichés. Il peut être utile pour valoriser une position. Il ne signifie pas qu’un acheteur ou un vendeur aurait négocié avec vous à ce prix.
J’ai vu cette pratique s’immiscer dans la recherche parce que les données au cours moyen semblent moins bruitées que les cours acheteur et vendeur, et parce qu’elles facilitent la comparaison des stratégies. Le problème commence lorsqu’une convention de valorisation devient discrètement un modèle d’exécution. Trois erreurs expliquent une grande partie des dégâts.
Erreur 1 : considérer chaque cours moyen comme un prix d’exécution
Imaginons qu’un backtest achète un call au cours moyen de $1.10, puis le revende plus tard à $1.18. Il annonce un gain de huit cents. Mais si les deux cotations avaient un écart de dix cents, franchir l’écart aurait consisté à payer le cours vendeur de $1.20 à l’entrée, puis à recevoir le cours acheteur de $1.08 à la sortie : une perte de douze cents avant frais.
Le problème se manifeste souvent par une stratégie qui négocie fréquemment, réalise de petits gains par opération et semble robuste sur de nombreux contrats. Son avantage ne dépasse peut-être pas l’écart qu’elle a effacé. Le cours moyen peut toujours servir de repère, notamment pour estimer la valeur du portefeuille, mais modéliser l’exécution exige de choisir un côté du marché et d’expliciter l’hypothèse de remplissage.
| Usage | Repère de prix raisonnable | Ce que cela ne prouve pas |
|---|---|---|
| Valorisation d’une position ouverte | Cours moyen, avec une règle documentée sur la qualité des cotations | Que la position aurait pu être clôturée au cours moyen |
| Achat au marché | Cours vendeur, auquel ajouter l’impact modélisé si nécessaire | Que la quantité affichée suffisait pour votre ordre |
| Vente au marché | Cours acheteur, duquel retrancher l’impact modélisé si nécessaire | Qu’une cotation obsolète était toujours disponible |
Erreur 2 : faire confiance à une cotation sans durée de vie
Une cotation d’option peut rester inchangée alors que le sous-jacent évolue, que le marché marque une pause ou que les prix affichés disparaissent. Un backtest qui relève le dernier cours acheteur et le dernier cours vendeur à chaque décision peut continuer à réutiliser cet ancien cours moyen comme si un trader avait pu agir dessus. Le cours actualisé du sous-jacent ne rafraîchit pas la cotation de l’option.
Le problème se traduit par une courbe de capital d’options étrangement calme : peu de pics de glissement, des exécutions à des prix précis au centime près et des opérations sur des contrats dont les cotations ont à peine changé de la journée. Suivez l’ancienneté des cotations et rejetez ou dévalorisez celles qui dépassent un seuil adapté à la plateforme et à la stratégie. Vérifiez aussi que les cours acheteur et vendeur sont positifs, cohérents entre eux et accompagnés d’une quantité affichée plausible. Un marché croisé ou avec un cours acheteur nul est une anomalie de données à traiter, pas une occasion à exploiter.
Un après-midi calme, j’ai vu une chaîne d’options figée alors que le sous-jacent continuait de frémir. Cela m’a rappelé qu’un tableau bien ordonné n’est pas un marché en temps réel.
Erreur 3 : considérer la quantité affichée comme la vôtre
Même une cotation récente avec un écart raisonnable montre seulement ce qui était affiché au moment où le flux de données l’a capturée. Si le cours vendeur affiche un contrat et que le backtest en achète dix, attribuer à ces dix contrats le même cours vendeur suppose une profondeur que la cotation n’a jamais montrée. Si la stratégie passe un ordre à cours limité au cours moyen, lui attribuer une exécution parce que le sous-jacent a ensuite touché ce niveau suppose une priorité dans la file d’attente et qu’une transaction ait dépassé le cours de l’ordre.
Le problème s’accentue généralement avec la taille de la position. Un test sur un contrat semble plausible, tandis que les résultats du portefeuille progressent presque linéairement jusqu’à 50 contrats, sans coût d’écart supplémentaire ni exécution manquée. Dans la mesure du possible, limitez la quantité exécutée à la quantité observée ; sinon, appliquez une hypothèse d’impact transparente et testez plusieurs scénarios. Pour les ordres passifs, exigez la preuve qu’une transaction a dépassé le cours limite, ou modélisez la file d’attente et les exécutions partielles de façon prudente. Un plus haut ou un plus bas de barre ne suffit pas à savoir si votre ordre était en tête de file.
Que faire du cours moyen dans un backtest d’options ?
Séparez la valorisation de la négociation. Enregistrez le cours acheteur, le cours vendeur, l’horodatage de la cotation et la quantité utilisés pour chaque décision. Valorisez les positions selon une règle déclarée, puis simulez les achats et les ventes en utilisant les cours exécutables ou un modèle documenté d’ordres à cours limité. Comptabilisez séparément les commissions et les frais de marché ; un prix réaliste n’inclut pas tous les coûts.
Comparez ensuite les résultats selon quelques hypothèses explicites : valorisation au cours moyen, exécution aux cours acheteur et vendeur, et scénario avec un écart plus large ou moins d’exécutions. Si la thèse ne tient qu’avec des exécutions au cours moyen, la recherche a mis en évidence une question d’accès au marché, pas un avantage de trading établi. Cette distinction est particulièrement importante sur les options, où les écarts importants et les faibles quantités peuvent rendre les opérations les plus attrayantes du backtest les plus difficiles à exécuter.
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